GUYANE
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Voici quelques poèmes réalisés par des femmes et des hommes détenus dans le Centre pénitentiaire de Guyane et confiés aux membres de la Société de Saint-Vincent de Paul.
L’Armure de Dieu
Crois fortement en Dieu
Et en sa toute puissance
Mets l’armure de Dieu
Pour que tu puisses
Tenir ferme sur ton propre terrain
Quand tu es face aux luttes
De la vie. Des fois nous
Avons l’impression d’être tout seul
Que personnes ne s’intéresse à nous
Je pense à toi et à ce que tu fais
Mais il y a Quelqu’un qui pense à toi
Même plus que
Moi
Beverley Allison Fredericks

Les Murs



les murs du bagne de l’île Saint-Joseph
A droite, à gauche, devant, derrière
Dessus, dessous, ils sont tous là
Pour le restant de ma vie entière
A l’île Saint-Joseph

Ici ce n’est pas la fête
Je m’y heurte inlassablement
Je m’y frappe la tête
Je m’y casse les dents
J’y jette ma haine
Et vomis ma vengeance
J’y grave ma honte
A l’ongle jusqu’au sang
Et dans leur pénombre
Loin des regards de mon enfance
Abandonné de tous après mon errance
Au pied de ces murs,
Je meurs en silence.
Anonyme



 
Tu es Exceptionnel
Tu es un Amour exceptionnel
Depuis bien des années
Tu as toujours été là
Pour m’aider à vaincre ma peur
Tu as partagé avec moi
De tels bons moments
Le rire et la peur
Chacun chérira les mémoires tendrement
Je t’aime
Beverley Allison Fredericks

La vision de ma Guyane
Oh Guyane ta vraie vision
Le jour se passe de douce présence !
La nuit tombant est ténébreuse car la nuit tout est absence
Le jour passe et la nuit tombe
J’aperçois que toujours le ciel s’illumine
Sous ton manteau de verdure.
Oh Guyane, ton désir me donne loisir et bonheur
Mais seulement m’attriste, prisonnier extrême
Où la matinée continue sous ta douce et glorieuse forêt
Quand je prends le temps d’apprécier ta grandeur.
Je constate que même dans tes villes
Tu as laissé une place comme celle du Buzaret
Pour que les sujets contemplent ta vraie valeur.
Mais viendra le jour où nous partirons
Pour te laisser continuer de faire rêver la génération future.
Quand vient la nuit à l’ombre des cocotiers
Majestueux de Buzaret
Je te dessine dans mes pensées,
Bêtes et buses feront musique
A travers ta beauté exotique, tu iras t’endormir paisiblement
Les chants des oiseaux t’éveilleront gaiement
Mes voisines au sein de tes grands arbres
Installées sur un modeste tronc
Ecoutent les histoires que tu racontes
Par les seuls mouvements de tes branches
Dans ta splendide et spacieuse forêt
Je ne désire qu’une seule chose :
Remplir mes poumons d’insatiables bouffées d’air frais
Ton air envoûtant est un rêve interminable.
De t’admirer, jamais je ne me lasserai
Ni de faire de toi ma forêt préférée.
Michel Neman