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Extraits de Le Lien n° 169– 4/2003

L'Hôtel Social en partenariat
 
Par le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis

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L’Hôtel Social 93, est une association d’aide sociale à l’hébergement fondée le 11 février 1985, dont l’objectif est de créer des lieux d’hébergement temporaire agréables à vivre en proposant un accompagnement social.

L’Hôtel Social 93 c’est :

L’union de six associations : Emmaüs, Pact Arim, Secours Catholique, Société de Saint-Vincent de Paul et les Petits Frères des Pauvres avec le concours de l’Etat.

3 200 personnes accueillies chaque année dont 1.500 enfants, soit 126.000 nuits réalisées. En plus, c’est ouvert 365 jours par an et 24h / 24 !

Près de 75 salariés au service de personnes en difficulté, répartis dans onze structures adaptées aux besoins de chacun.

11 services sur le département 93 qui mettent deux types de structures à la disposition d’un public en situation de précarité : des structures d’hébergement d’urgence rapide et des structures d’hébergement de moyens séjours.
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Dans les lignes qui vont suivre, vous pourrez lire une chronique publiée dans le journal de l’Hôtel Social et écrite par Françoise Gouement, chef de service à l’Accueil Rapide en Hôtel. Ce texte peut nous servir de méditation.

« Quel vent de désespérance l’Hôtel Social, me suis-je dit, en lisant certaines rubriques de notre magazine interne du mois dernier. Je résilie mon abonnement ou bien je ressors le Prozac que j’avais rangé dans mes tiroirs !

Notre travail est sans doute difficile, complexe, aléatoire, comme l’est la nature humaine, mais quelle richesse de se permettre la possibilité d’un échange, d’établir une relation,
 
une écoute, d’apporter de l’aide ! C’est tout de même autre chose que d’être caissière dans un supermarché ! C’est une activité à tout moment gratifiante même dans les situations les plus difficile et les plus inextricables.

Notre frustration, notre insatisfaction, je la comprends, c’est peut-être le sentiment d’une incomplétude. Bien sûr nous aimerions que la boucle soit bouclée : une demande = une réponse = donc fin du problème. Mais la réalité est toute autre. Si l’usager fait appel à nous, c’est certainement bien par nécessité, nécessité concrète d’hébergement ; cependant autour de cette demande précise, notre action s’étend sur bien d’autres points.

Et même si notre définition de travailleur social tient en projet, but et moyen, et qu’il nous semble parfois être impuissant à répondre à ce concept, eh bien je pense que ce n’est pas là l’essentiel.
Se focaliser sur l’hébergement, les démarches administratives, la recherche d’un emploi, c’est bien sûr indispensable mais cela ne dépend pas seulement de nous.

Par contre, nos attitudes dans la relation avec l’usager, telles que la compréhension, l’empathie, l’écoute, la reconnaissance et le respect, sont à notre portée et représentent une valeur inestimable pour la personne.
Ce sont par ces comportement là que l’usager retrouve confiance, estime de soi, goût à l’existence. Etre à l’écoute de l’autre, comprendre la personne sans pour cela toujours approuver, reconnaître l’autre comme sujet à part entière et considérer qu’il est « à priori » capable de lutter contre sa propre désinsertion, ce sont pour moi des priorités.

Et puis, au fil des rencontres chacun s’enrichit des échanges que l’autre peut apporter.
Notre métier est une belle œuvre que nous réalisons jour après jour, et ce qui nous semble imparfait, non fini, n’est en réalité qu’une perception erronée de notre esprit
Les routes et les gens se croisent à un certain moment et ont mutuellement des choses à donner. »