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Chers parrains et marraines,
Notre voyage au Vietnam s'est remarquablement
bien passé et nous gardons dans un coin de notre
coeur et de nos têtes des images extraordinaires.
Nous avons rencontré des filleules
enjouées, gaies et en bonne santé. Elles
ressemblent beaucoup à mes anciennes élèves
sauf dans leur manière de régler les problèmes
quotidiens. On sent qu'elles ont appris à "arrondir
les angles" depuis leur plus jeune âge.
Elles vont
à l'école à bicyclette, sauf les
plus petites qui peuvent encore y aller à pied.
Leurs 6 heures d'école quotidiennes se font d'affilée
: 6 h 30 - 12 h 30 pour les unes ; 12 h 30 - 18 h 30 pour
les autres.
Aussi bien
celles qui partent à 6 h 30 que celles qui rentrent
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à
18 h 30 sont sur leur vélo dans une circulation infernale
et il fait nuit noire. Chaque fois qu'elles rentrent au
pensionnat, elles se signalent à soeur Jocelyne et
dès qu'elles ont 10' de retard, soeur Jocelyne envoie
une grande à leur rencontre. J'ai eu l'impression
que c'était une angoisse permanente.
Nous avons pu voir également, et
dans le détail, comment s'organisait la vie pour
nos 70 filleules. Le pensionnat est installé sur
le bord de la rivière Saïgon, à 10 km
environ du centre ville, à l'extrémité
d'une rue sans fin, bordée de "maisons-cabanes"
tout du long. La proximité de la rivière fait
que la végétation est luxuriante, mais cela
explique aussi que les locaux sont régulièrement
inondés.
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Les filleules que nous aidons sont le plus
souvent des cas signalés par les soeurs soignantes
mais également par les services sociaux de la ville.
Quand les familles sont "seulement" dans le dénuement,
les filleules rentrent chez elles après l'école.
La plupart ont des parents malades ou handicapés
et elles aident aux soins des parents et des petits frères
et soeurs. Chaque samedi ou dimanche, elles passent chez
soeur Jocelyne, parlent de leurs soucis familiaux. |
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Les
élèves au Vietnam travaillent tous les jours
de la semaine, sauf les samedis et dimanches. Quelques-unes
parmi les filleules prennent le repas de midi au pensionnat,
ce sont celles qui sont scolarisées dans l'école
de soeur Jocelyne (maternelle), soit dans le primaire
le plus proche.
Soeur Jocelyne garde auprès d'elle
25 filleules qui ne retournent pratiquement jamais dans
les familles. Sur les 25, cinq viennent de Hanoï
et ses environs. Elles rentrent une fois tous les trois
ans tellement le voyage est cher, long et éprouvant.
Les vingt autres filleules sont soit des orphelines, soit
des filleules qui ont subi de mauvais traitements dans
les familles. Il y a au pensionnat quelques cas graves
de filleules traumatisées et qui se remettent lentement.
Le cas le plus visible est celui de cette jeune fille
qui a arrêté de grandir. Elle s'en sort bien
quand même et stupéfie tout le monde par
sa vitalité.
Qu'il s'agisse des filleules du pensionnat
ou des filleules restées dans les familles, toutes
sont venues nous voir et toutes ont voulu nous dire leurs
remerciements et surtout nous ont chargées de les
transmettre. Certaines avaient fait l'effort de nous le
dire en français (appris par coeur) toutes peuvent
le dire en anglais.
Toutes m'ont chargée de transmettre leur reconnaissance,
ce que je fais bien volontiers.
F. Leroy, Mulhouse, le 16 avril 2007
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Saint-Vincent
Diem
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