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Les vacances, c'est pas un luxe ! »
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Toucher
la côte, c'est presque découvrir l'Amérique
pour la famille Verneuilh. Mélodie
contemple le
paysage
du haut de sa poussette tandis
que Manon - bientôt 3 ans - brave
le vent avec ses yeux d'azur. «
C'est la première fois qu'elle marche sur une plage,
explique sa maman. Le sable, elle connaît pas encore,
elle dit : "C'est caca". » Les
Verneuilh vivent d'habitude au beau milieu du béton,
à Lambersart. Aux bons soins de la Société
Saint-Vincent-de-Paul, ils testent un truc inédit
: les vacances en famille. «
Ici, on pense qu'à nous ! On oublie les problèmes.
» La mère est au foyer, le père
cherche un job dans le bâtiment. Les Verneuilh ont
de l'espérance en réserve : «
On peut avoir des sous mais pas de cœur, cela vaut
pas la peine... Être chrétien, c'est important.
On s'est marié à l'église, on a fait
baptiser les enfants... »
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Petit détail
significatif, l'ancien curé de la paroisse leur a
déjà rendu visite à Leffrincoucke.
« L'abbé fait partie
de la famille, pour les filles c'est un peu un arrière-grand-père.
» Les Verneuilh reviennent de la chasse
aux crabes et aux crevettes grises. Un plaisir simple qui
vaut de l'or. Même éblouissement pour la famille
Pruvost originaire de Roubaix. Là-bas, pas question
de traîner dans la rue pour Djoey, Aymeric et Tiffany.
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Mais
à Leffrincoucke, ils vivent toujours dehors
malgré les caprices de la météo.
Leur père est cuisinier mais ne trouve pas
de travail. « J'ai
pas de permis de conduire, c'est impossible d'assurer
les manutentions. »
Le
scénario ressemble à celui de la famille
Bocquet. Une maman enceinte, huit enfants, et un
papa au chômage : «
J'étais imprimeur depuis l'âge de 14
ans, raconte Francis. Mais les machines sept couleurs
sur lesquelles je travaillais ont disparu. »
Sur le carreau, il survit avec des petits travaux
de façonnage. Il travaille au lance-pierres,
jamais plus de trois jours d'affilée.
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| « Je
n'ose pas lui dire qu'on va rentrer chez nous » |
Le capital, pour Francis, c'est d'abord
sa famille. « Nos enfants
sont pas des accidents, on les a voulus, on les aime ! »,
lance-t-il avec franchise. Le plus grand bonheur de Francis
? « Ma fille de 19
ans vient d'obtenir son diplôme d'aide-soignante en
Belgique. C'est notre réussite ! Elle commence à
travailler tout de suite. » Chez les Bocquet,
le travail - même quand il fait cruellement défaut
- est une valeur sacrée. Les parents se saignent
pour faire étudier les enfants de l'autre côté
de la frontière. « En
France, y'a trop de laisser-aller... Mais en Belgique, pas
de mixité et quinze élèves par classe
! Ça nous rappelle notre école, les tabliers
gris et les chaussures vernies. » Tous
les sacrifices sont bons, dès lors qu'ils profitent
à leur progéniture. Francis met de l'argent
de côté pour payer la cantine l'hiver et récompenser
les meilleurs bulletins....
Tous les Bocquet
ne sont pas venus à la plage. Le fils aîné
est resté à Roubaix pour meuler des lames
de scie. Cette absence n'a pas l'air de gâcher le
plaisir des autres, notamment la petite dernière
de 4 ans. « Je n'ose pas
lui dire qu'on va retournera la maison, avoue Francis. On
va lui raconter qu'on va au port de Dunkerque voir les bateaux...
Et puis on filera tout droit chez nous, sans se retourner ! ».
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