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Extraits de l’article paru dans les Cahiers OZANAM
– n°159/1-2003, pp. 66 à 81
NOS PRÉDÉCESSEURS NOUS MONTRENT LE CHEMIN
Philibert Vrau :
un apôtre du XIXe (1829 - 1905)
« Un apôtre tous azimuts », c’est
ce qui qualifie le mieux ce laïc, lillois et Vincentien
du XIXe siècle qui consacra sa vie au service de
sa foi et de l’Eglise. Tout à la fois industriel,
initiateur des congrès eucharistiques internationaux
et fondateur de l’Institut catholique des Arts et
Métiers et de l’Université catholique
de Lille.
Par Jean Thary
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Extraordinaire,
singulier, impressionnant, incroyable.. on ne sait vraiment
quels adjectifs utiliser (j’oserais presque stupéfiant
!) pour qualifier le témoignage multiforme de ce
laïc catholique du Nord, apôtre « tous
azimuts » durant un demi-siècle et qui, littéralement,
dépensa sa vie (et sa fortune personnelle) au service
de sa Foi et de son Eglise. Déjà, dès
1908, sa biographie avait été publiée
, puis complétée (après la mort de
Camille Féron-Vrau) dans un second volume paru vers
1910. Ces deux livres avaient pour auteur Mgr Louis Baunard
qui fut Recteur de l’Université catholique
de Lille de 1888 à 1905. Ils constituaient jusqu’ici
« l’ouvrage de référence »
essentiel.
Et
voici qu’en février 2002 paraissait un livre
de quelques 250 pages intitulé : Le
commis-voyageur de Dieu - Philibert Vrau 1829-1905.
Cet ouvrage , aboutissement d’une patiente et méthodique
recherche commencée en 1984 est l’œuvre
de M. Xavier Théry, HEC, licencié en droit
(et en théologie) qui entra en 1944 dans la Maison
Vrau dont il devint le directeur de 1964 à 1984,
succédant ainsi à son lointain parent Philibert
Vrau.
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Cause
de béatification
Ses
liens familiaux et ses fonctions lui donnèrent tout
naturellement accès aux archives commerciales dont
il réalisa un classement méthodique. Il put
aussi accéder aux archives familiales ainsi qu’à
toutes les pièces, lettres et documents rassemblés
par les deux postulateurs de la cause de béatification
qui avait été introduite en 1912, auprès
de la Congrégation romaine appelée aujourd’hui
« pour la cause des saints ». En outre, l’Université
catholique, l’évêché de Lille,
les Pères jésuites et assomptionnistes, les
Frères des écoles chrétiennes, le journal
La Croix du Nord tout comme la Société de
Saint-Vincent de Paul lui permirent aussi de consulter leurs
archives. […]
Généreuses
offrandes
Dès
sa conversion, à l’âge de vingt-six ans
(1855), Philibert Vrau accepta de devenir membre de la Société
de Saint-Vincent de Paul. |
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Il
le fit, simplement, par reconnaissance envers Charles Kolb-Bernard
fondateur de la première Conférence de Lille.
On lui confia immédiatement la charge de secrétaire
du Comité provincial. En 1871, au moment de la réorganisation
du Conseil provincial, il fut nommé vice-président
de la Région du Nord. En 1886, Kolb-Bernard, octogénaire,
demanda à Philibert de bien vouloir prendre le relais.
Ayant accepté,
il s’en alla faire aussitôt une longue retraite
silencieuse. Il avait emmené, nous apprend Mgr Baunard,
le Manuel des Conférences et le Bulletin de la Société.
Il fit - ajoute le biographe - pendant plusieurs mois, une
étude personnelle et approfondie du Manuel puis il
alla rencontrer les évêques de Cambrai et d’Arras
et il visita ensuite les dix Conseils particuliers de la
province.
Dès
la fin de l’année, il modifia l’organisation
du Conseil régional en accord avec le président
général de la Société.
Il établit un nouveau
calendrier, modifia le secrétariat qui utilisa de
nouveaux registres puis il invita chez lui l’évêque
d’Arras accompagné d’Antonin Pagès,
le président général de la Société.
Durant toutes les années de son mandat, il s’appliqua
à « choisir des hommes et à les
former » (cf. Mgr Baunard), appliquant à ses
œuvres la même intelligence qui lui avait si
bien réussi dans ses affaires.
Philibert
Vrau ignora les vacances (et
les bains de mer) ; chaque année il consacrait systématiquement
cette période d’été à
visiter les agglomérations de sa province qui comptaient
plus de 2000 habitants. Ainsi, en 1903, il visita ceux cent
soixante et une communes. Chaque fois, il se faisait accompagner
d’un Confrère de la région et il commençait
chaque journée par deux visites, la première
au Très-Saint Sacrement dans l’église,
la seconde au curé de la paroisse.
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Bilan
éloquent
Il se préoccupait
de développer les Conférences dans toutes les
directions possibles (ouvriers, patronages, étudiants,
commerçants et même frontaliers flamands}.
Bilan éloquent
: à la mort de Philibert Vrau, après dix-huit
années de présidence, le
Nord comptait trente-deux conseils particuliers au lieu de
dix. Le diocèse de Cambrai totalisait deux cent dix-neuf
Conférences et celui d’Arras quarante-neuf. Quant
aux patronages issus des Conférences, ils totalisaient
quatre mille deux cents membres actifs. Ajoutons qu’en
1894, Philibert Vrau avait été nommé
membre du Conseil général de la Société
et le président Pagès aimait à répéter
que la province du Nord fonctionnait comme un modèle
pour le reste de cette Société. |
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