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Mémoire
du Logis
par François Blandin
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Le
Lien n° 169 - 4/2003 |
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Le
« Logis Frédéric
Ozanam », maison d'accueil
pour familles de malades hospitalisés, a
fêté ses 20 ans d'existence le 14 juin
2003.
Au cours du repas qui prolongeait
joyeusement la messe d'action de grâce, François
Blandin, un Confrère (bénévole
de la première heure) a su trouver les mots
qui, en résumant la «
mémoire du Logis » traduisent
exactement, développent et transmettent l'authentique
« esprit vincentien
». [...]
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C'est
en 1980-1983 que notre Président départemental
de l'époque, le regretté Jean
Lignot, l'acquit pour notre Société,
grâce au Legs Fournier. Professionnel,
il en dessina lui-même les plans, la
conception, l'implantation, la destination,
avant que le Seigneur ne le rappelle, sa grande
tâche achevée... l'arrachant
ainsi à sa famille nombreuse.
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Rendons grâce au Seigneur,
à Vincent de Paul, à Ozanam. Mais
aussi que de reconnaissance (le terme est bien faible)
à Simone, providentiellement apparue, arrivant
à Angers ; elle allait pratiquement entrer
en religion au Logis,
initiée par des services rendus précédemment
dans la région parisienne grâce à
de dévoués «
parrains », aujourd'hui parmi
nous. Qu'elle en soit publiquement remerciée,
ainsi que son époux toujours disponible.
Notre fée, notre Dame du
logis est toujours là depuis 20 ans (6.000
journées, 24.000 heures). Simone Cravignac
fut pour les Présidents successifs : Jean
Ruffier, Claude Fromenteau, Monique Jollivet, Paul
Dugast, Guy Baslé, une aide aussi précieuse
qu'exceptionnelle et indispensable.
On
revoit les hôtes du logis au hasard des rencontres
simples et affectueuses en mémorisant le
passé et en feuilletant notre Histoire et
la leur sur le Livre d'Or :
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Ce petit ange
venu de Roumanie, chez nous, avec ses parents, et
que la Science ne parvint pas à sauver avec
nous.
Ce
père et ses deux fils martiniquais dont le
poulet quotidien, cuit chaque soir à la mode
de l'île parfumait tout le quartier.
Ce
« gentleman anglais
» qui oublia un jour ses bagages
au logis et dont on est toujours sans nouvelles.
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Salle
commune
et escalier desservant les chambres |
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Ces
accidentés nocturnes de la route avec qui
le permanent ne peut qu'offrir une prière
aux survivants. Ce
bien pauvre évêque d'Amérique
du Sud, accouru pour rencontrer un de ses paroissiens,
entre le Pré-Pigeon et l'hôpital.
Ce
médecin béarnais trouvant que le
Foyer valait tous les hôtels de la côte
basque. |
Ce
haut fonctionnaire dont l'impressionnante et rutilante
Mercedes peinait pour entrer dans l'impasse et qui oublia
d'arrondir le tarif minima de la semaine. Ce
jeune couple découvrant avec ses deux enfants les
valeurs de l'accueil et de l'amitié après
10 ans de prison. Ces
jeunes espagnols et coréens, visitant le logis
lors des JMJ de Paris, qui leur révèle,
à travers Ozanam, la charité sans frontière.
Cet
éminent Professeur du CHU accourant de nuit au
logis pour secourir une patiente risquant de perdre la
vue.
Et
cependant, avons-nous su suffisamment encourager, aider,
guérir, peut-être sauver ? Cet avocat sarthois
nous l'a peut-être rappelé en revenant chaque
mois prendre une permanence de nuit, remerciant le logis
de l'avoir accueilli avec sa femme durant des semaines
et aidé à sauver leur enfant suicidaire.
« 20 ans, ce n'est pas
encore la force de l'âge, mais la promesse de la
jeunesse et du bonheur » (Jean-Paul
II). Merci, amis et bons serviteurs du Logis, véritable
« Maison-Dieu »,
aux cœurs généreux
qui battent au rythme de l'accueil, du passage où
sans cesse on arrive, on part, on se refait, oasis où
chacun peut dire en pleurant ou en riant : «
Je me souviens de tel jour, telle nuit ou tel matin...
» Petit Ozanam angevin, mais grand nom
familier devenu depuis un siècle et demi, aussi
connu en France que dans le monde, nom qui déborde
l'espace et le temps et garde toujours cet accent de proximité
et de simplicité. Soyez remerciés, fondateurs,
permanents d'hier et d'aujourd'hui. Persévérez
héritiers du Logis du 21e siècle, poursuivez
ce chemin rempli de Lumière, cela devrait suffire
pour faire « flamber l'Espérance
», cette petite fleur de Péguy
que nous aimons tant cultiver au Logis. «
Même une petite flamme qui vacille soulève
le lourd manteau de la nuit. »
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