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n. 1505 du 18 au
24 novembre 2006
« Vous revenez quand ? »
Par Benjamin Coste. Photos : Flore-Aël Surun / Tendance
Floue
Thérèse
a très mal accepté le décès
de son « pauvre
mari ». « Nous étions
heureux. Moi qui suis croyante, je me dis que ce
n'est pas juste que les gens qui s'aiment soient
séparés alors qu'il y a tant de couples
qui divorcent pour un rien... » Thérèse
n'a pas un tempérament à vivre seule.
« La moitié de
mes amis sont morts, et sur les cinquante-quatre
locataires que compte cet immeuble, c'est tout juste
si on se dit bonjour en se croisant devant les boîtes
aux lettres. »
| Des
semaines sans sortir
de son appartement
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Les
journées de Thérèse sont faites
de pas grand-chose. Un jour ça va, le lendemain,
non. Récemment, elle s'est inscrite au Grand
Livre du mois. Alors elle lit. Quand elle en a envie,
c'est-à-dire pas souvent. « De toute
façon, je ne vais pas parler aux fenêtres...
» Malgré ses réparties cinglantes
et une gouaille tout-terrain, la femme se dit timide.
« Je peux passer des semaines sans sortir
de mon appartement. »
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L'aveu fait bondir Geneviève
qui jusque-là s'était contentée
d'écouter attentivement sa voisine de canapé.
« Mais vous
vous anémiez à ne pas prendre l'air
! » Thérèse
ignore la remarque et pour-suit : « Je
m'enfonce dans la solitude. Moins on voit de personnes
et moins on a envie d'en voir ».
Après
avoir salué Thérèse et lui
avoir dit « à
la semaine prochaine », Geneviève
confie sur le pas de la porte : «
Récemment, alors que je quittais une dame
que je venais de visiter, elle m'a confié:
"Ça fait une éternité
qu'on ne m'avait pas embrassée". »
| Après
une vie bien remplie...
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Geneviève finit son marathon
par une visite à Claire, 86 ans, résidente
de Piencourt, une belle maison de retraite située
en plein coeur de Mende. Claire vit une solitude
particulière : elle n'a qu'à ouvrir
les portes de sa studette pour trouver quelqu'un
à qui parler ou pour engager une partie de
Scrabble.
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Mais
ancienne institutrice, elle se sent seule. Inutile.
Elle s'ennuie après une vie bien remplie.
Ses trois filles, qui habitent loin, ont beau sacrifier
leurs vacances scolaires pour venir lui tenir compagnie,
rien n'y fait : elle se sent seule, et cela l'angoisse.
Geneviève,
pour qui ses souffrances sont parfois si lourdes
qu'elle ne peut que «
les remettre au Seigneur »,
remarque : « On
peut aussi être seul dans sa tête ».
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