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Abri Ozanam : des nuitées en forte augmentation
Le Progrès du 2 janvier 2008
 
Les bénévoles de la Conférence Saint-Philibert ont accueilli, depuis le début de l'année,
une centaine de passagers, contre soixante-huit l'an passé.

Pierre (à gauche) trouve à l'abri Ozanam propreté, à manger,
un lit pour dormir et, en hiver,
le plaisir d'être au chaud

Si au fil des années, l'abri Ozanam a accueilli de moins en moins de "passagers", l'année 2007 enregistre une augmentation très nette du nombre de nuitées. En effet, nous en comptons déjà deux cent trente, soit une centaine de plus qu'en 2006 » souligne Robert Lapendery, président de l'antenne locale de l'association Saint-Vincent-de-Paul. L'abri Ozanam fait partie des nombreuses missions assurées par les bénévoles de la société. Situé rue du Pont-de-Pierre, le local compte trois couchages, est équipé d'un chauffage central, d'une douche et de wc, d'une plaque électrique et d'un mini-four.

Du 1er septembre au 30 juin, six permanents accueillent les passagers, sept jours sur sept, de 18 heures à 18 h 30. « L'alcool y est interdit et nous fournissons un appoint vestimentaire » ajoute Robert Lapendery.

À 68 ans, Pierre, originaire du département voisin de Saône-et-Loire, a commencé sa carrière professionelle comme professeur de chimie.
Après avoir quitté l'Éducation nationale et trouvé un emploi dans l'industrie, il s'est retrouvé au chômage peu de temps après : « Après un court retour à l'emploi, je me suis retrouvé sans logement. Depuis dix ans, je parcours les routes du Massif central et de Saône-et-Loire, et je m'arrête à l'abri de Charlieu où je suis toujours bien accueilli ».

P
ierre trouve là quatre choses indispensables : propreté, à manger, un lit pour dormir et, en hiver, le plaisir d'être au chaud. Il constate : « Ces dernières années, les sans-abris comptent de plus en plus de jeunes, tout juste âgés de 18 ans. Le nombre de femmes est lui aussi en augmentation. »

L
e retour à une vie normale vous semble-t-il possible ? « Un retour est toujours possible. Il suffit déjà de le vouloir, mais il faut être conscient que ce ne sera pas facile et donc pas évident. »