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«
Voilà un voyage
terminé. Je vais en faire un autre ; mais
à présent que je vous ai remis notre
Amélie Dieu fera de moi ce qu'il voudra
». Transporté du bateau
dans la chambre préparée pour le
recevoir, il fut accablé par de nouvelles
crises et se coucha aussitôt en arrivant.
C'était une maison garnie, 9, rue Mazade.
Une annonce retrouvée dans l’«
Indicateur Marseillais » de l'époque
nous apprend que, composé d'appartements
fraîchement meublés et décorés,
cet établissement tenu par Claude Imbert,
9 et 11 rue Mazade, dans le plus beau quartier
de la ville, à côté de la
Préfecture. […]
Les
jours qui suivirent l'arrivée d'Ozanam
à Marseille furent mêlés d'alternatives
sur l'issue desquelles ne pouvait plus planer
le moindre doute. Quoique possédant la
plénitude de ses facultés, le malade
gardait presque constamment le plus profond silence.
Ne peut-on penser qu'il se recueillait en Dieu
pour se préparer à sa fin ? […]
Alertés
par une circulaire de Monsieur Verger, président
du Conseil central de Marseille, en date du 5
septembre, les membres des conférences
de la Ville se firent un devoir de prier pour
leur vénéré confrère.
Ils sollicitèrent, avec insistance, la
consolation de le voir encore une fois, s'offrant
même à le veiller la nuit ; mais
l'état d'Ozanam était trop grave
pour qu'on pût accéder à leur
désir. Quelques-uns d'entre eux, cependant,
furent témoins de la touchante cérémonie
des derniers sacrements qui eut lieu le 5 septembre.
Ils accompagnèrent le curé de la
paroisse apportant le viatique, tandis que les
passants se découvraient devant cette procession
improvisée. Tous furent émus jusqu'aux
larmes et profondément édifiés
du calme, de la douceur même avec lesquels
l'illustre malade voyait venir et accueillait
la mort.
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Ozanam
reçut avec une ferveur extraordinaire la
sainte communion ; puis sa femme s'approcha de
lui et la main dans la main ils firent devant
Dieu le sacrifice lui de sa vie et elle de son
mari. Tandis que le prêtre consolateur qui
l'assistait cherchait à l'exciter à
la confiance en Dieu il lui répondit :
« Et pourquoi
le craindrai-je ? Je l'aime tant ».
Après quoi le coma s'empara de lui. Il
se réveillait de temps à autre pour
prononcer quelque oraison jaculatoire pour remercier
et bénir ceux qui le soignaient et retombait
aussitôt dans son assoupissement.
Au
matin du 8 septembre, aucun indice de la fin n'avait
alarmé son entourage ; cependant vers 7
h 1/2 du soir tandis que ses deux frères
et sa femme veillaient auprès de lui, la
respiration devint difficile et moins régulière.
A un moment on le vit ouvrir les yeux, soulever
les bras et on l'entendit s'écrier d'une
voix forte : «
Mon Dieu ! ayez pitié de moi ».
Ce furent ses dernières paroles.
L'agonie
commença. Sa femme la première se
jeta à genoux ; puis toutes les personnes
de la maison. La pièce voisine était
remplie de confrères de Saint-Vincent de
Paul pieusement agenouillés. Son frère
l'abbé récita les prières
de la recommandation de l'âme. Quand elles
furent terminées il se fit un grand silence
entrecoupé de sanglots. Il était
8 heures moins 10 minutes du soir lorsque Ozanam
rendit le dernier soupir entre les bras de ses
parents et d'Alexandre Pascal, président
de la conférence de Saint-Cannat. C'était
un jeudi et la fête de la Nativité
de la T.S. Vierge qu'il avait beaucoup aimée
et priée. Il avait vécu 40 ans 4
mois et 16 jours. [Pour
accéder à l'histoire complète
de Frédéric Ozanam]
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