Le
10 janvier 1848, le Père Lacordaire est
invité par le Président de Roux
à prêcher à l’église
Saint-Joseph en faveur de la Société,
pour ses pauvres. Trois mille personnes sont
présentes, ce qui permet aux Conférences
d’enregistrer d’autres adhésions
et sympathisants et de fortifier leurs budgets.
Le
mouvement Saint-Vincent de Paul était
désormais fortement implanté à
Marseille, mais son véritable développement
se fit entre les années 1848 et 1870.
Voyons rapidement son évolution : 23
nouvelles Conférences furent crées.
L’effort porta aussi sur la fondation
de Conférences dites rurales : Saint-André
en 1854, La Capelette, Saint-Giniez en 1855,
Endoume et Saint-Louis en 1856, puis Mazargues.
Par
contre, en 1863 le Président Bergasse
regrette qu’il n’y ait pas davantage
de Conférences dans les quartiers ouvriers.
L’action sociale, pendant cette période,
peut se résumer ainsi :
Visites de familles 577 en 1848, plus de 1.000
en 1862.
Les secours étaient donnés, le
plus souvent, en bons d’alimentation.
Il y avait aussi des secours pour frais de scolarité.
La distribution de vêtements, lit-on dans
le rapport de 1849, s’est accrue dans
la proportion de 1 à 5 par le fait de
la multiplicité des dépôts.
Le placement au travail était aussi un
souci, mais ce ne fut jamais que d’une
façon empirique et occasionnelle.
On
créa, par contre, en 1849, un bureau
de consultations qui devenait quelques années
plus tard le Secrétariat des pauvres
: ici on écrivait pour le compte des
illettrés , on donnait des consultations
et faisait des démarches.
Le problème du logement populaire faut
l’objet de l’attention des Conférences.
De nombreuses interventions furent faites auprès
de la Préfecture et, notamment, par le
Président des Carmes pour le quartier
des Grandes Carmes, réputé pour
avoir les maisons les plus mal éclairées
et les plus insalubres de la vieille ville.
La
révolution de 1848 ouvrit une grave crise
de chômage. Sur la proposition de Jean-Louis
Bergasse, une œuvre de secours extraordinaires
fut créée pour des distributions
alimentaires aux malheureux. D’autres
œuvres furent créées ou soutenues
largement par elle pendant cette période
: celle des catéchismes, celle des militaires
(on mettait à la disposition des militaires
un local pour des distractions saines, pour
compléter leur instruction, pour qu’ils
puissent assister à la messe du dimanche),
l’œuvre des apprentis, le patronage
des marins.
Les
épidémies de choléra
frappent Marseille en 1849,1854 et 1865. La
Société fut considérée
par les autorités et le public comme
un organe national de distribution des secours
aux familles atteintes par l’épidémie.
400 personnes visitées
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par les Conférences périrent pendant
l’année 1849, 30
Confrères aussi, parmi lesquels l’ancien
fondateur Tonsard d’Olbec qui
s’était mis à la tête
d’une ambulance et portait
sur son dos les malades à
l’Hôtel-Dieu.
La
vie spirituelle des Conférences fut animée,
pendant 25 ans, par le chanoine Guiol. C’est
lui qui parle des ouvriers travaillés
par l’impiété à l’Assemblée
Générale de 1865 et qui dit des
masses : « Aujourd’hui on ne porte
plus les enfants aux fonts baptismaux, on écarte
des mourants les secours de la religion et on
empêche les morts de prendre le chemin
de l’Eglise. La foi est de plus en plus
menacée au sein des générations
nouvelles ».
Le
Président Bergasse, en 1868, constatant
l’augmentation des familles assistée,
attribue le fait en premier lieu au chômage,
conséquence du ralentissement des affaires,
puis de l’afflux dans la ville de trop
d’immigrants français ou étrangers,
enfin à l’affaiblissement et à
l’obscurcissement des croyances dans l’esprit
des masses laborieuses.
Dans
les réunions hebdomadaires il y avait
toujours une grande part réservée
à la prière et à une lecture
spirituelle. Les Confrères se réunissent
souvent pour la messe et les pèlerinages
à Notre-Dame de la Garde étaient
fréquents. La présence aux récollections
était régulière et nombreuse.
Le
chanoine Guiol, par sa longue
permanence à l’aumônerie,
apporta une participation active à la
vie spirituelle des Conférences. C’est
lui qui fit instituer une retraite annuelle.
C’est lui encore qui conseilla aux Confrères
de s’occuper de catéchisme, de
la question de la visite aux prisonniers, au
patronage des libérés. On constata
aussi de nombreuses vocations religieuses chez
les adultes et chez les jeunes.
La
spiritualité des confrères est
le reflet de leur vénération pour
saint Vincent de Paul. Aussi, la participation
à la messe anniversaire du saint était-elle
très importante.
Ozanam venait à peine de mourir. Sa vie,
son influence pour le développement de
la Société étaient peu
connus. Plus tard il sera considéré
comme un des inspirateurs des grandes encycliques
sociales : Rerum novarum et Quadragesimo
anno. Mais c’est en saint Vincent
de Paul qu’il a puisé ses idées
de Charité et de justice.
De
nos jours, c’est saint Vincent de Paul
que nous évoquons dans nos séances,
après l’Esprit-Saint et, c’est
dans nos faiblesses et nos espoirs que nous
devons encore faire appel à son soutien
et à sa protection.
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