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Histoire de la création de la Conférence à Marseille
(suite)
Extraits d’un article paru dans Le trait d’union n° 54 de juin 1982
(organe de liaison des Conférences Saint-Vincent de Paul du diocèse de Marseille)
 

Le 10 janvier 1848, le Père Lacordaire est invité par le Président de Roux à prêcher à l’église Saint-Joseph en faveur de la Société, pour ses pauvres. Trois mille personnes sont présentes, ce qui permet aux Conférences d’enregistrer d’autres adhésions et sympathisants et de fortifier leurs budgets.

L
e mouvement Saint-Vincent de Paul était désormais fortement implanté à Marseille, mais son véritable développement se fit entre les années 1848 et 1870. Voyons rapidement son évolution : 23 nouvelles Conférences furent crées. L’effort porta aussi sur la fondation de Conférences dites rurales : Saint-André en 1854, La Capelette, Saint-Giniez en 1855, Endoume et Saint-Louis en 1856, puis Mazargues.

Par contre, en 1863 le Président Bergasse regrette qu’il n’y ait pas davantage de Conférences dans les quartiers ouvriers.
L’action sociale, pendant cette période, peut se résumer ainsi :
Visites de familles 577 en 1848, plus de 1.000 en 1862.
Les secours étaient donnés, le plus souvent, en bons d’alimentation. Il y avait aussi des secours pour frais de scolarité.
La distribution de vêtements, lit-on dans le rapport de 1849, s’est accrue dans la proportion de 1 à 5 par le fait de la multiplicité des dépôts.
Le placement au travail était aussi un souci, mais ce ne fut jamais que d’une façon empirique et occasionnelle.

On créa, par contre, en 1849, un bureau de consultations qui devenait quelques années plus tard le Secrétariat des pauvres : ici on écrivait pour le compte des illettrés , on donnait des consultations et faisait des démarches.
Le problème du logement populaire faut l’objet de l’attention des Conférences. De nombreuses interventions furent faites auprès de la Préfecture et, notamment, par le Président des Carmes pour le quartier des Grandes Carmes, réputé pour avoir les maisons les plus mal éclairées et les plus insalubres de la vieille ville.

La révolution de 1848 ouvrit une grave crise de chômage. Sur la proposition de Jean-Louis Bergasse, une œuvre de secours extraordinaires fut créée pour des distributions alimentaires aux malheureux. D’autres œuvres furent créées ou soutenues largement par elle pendant cette période : celle des catéchismes, celle des militaires (on mettait à la disposition des militaires un local pour des distractions saines, pour compléter leur instruction, pour qu’ils puissent assister à la messe du dimanche), l’œuvre des apprentis, le patronage des marins.

Les épidémies de choléra frappent Marseille en 1849,1854 et 1865. La Société fut considérée par les autorités et le public comme un organe national de distribution des secours aux familles atteintes par l’épidémie. 400 personnes visitées

 

 

par les Conférences périrent pendant l’année 1849, 30 Confrères aussi, parmi lesquels l’ancien fondateur Tonsard d’Olbec qui s’était mis à la tête d’une ambulance et portait sur son dos les malades à l’Hôtel-Dieu.

La vie spirituelle des Conférences fut animée, pendant 25 ans, par le chanoine Guiol. C’est lui qui parle des ouvriers travaillés par l’impiété à l’Assemblée Générale de 1865 et qui dit des masses : « Aujourd’hui on ne porte plus les enfants aux fonts baptismaux, on écarte des mourants les secours de la religion et on empêche les morts de prendre le chemin de l’Eglise. La foi est de plus en plus menacée au sein des générations nouvelles ».

Le Président Bergasse, en 1868, constatant l’augmentation des familles assistée, attribue le fait en premier lieu au chômage, conséquence du ralentissement des affaires, puis de l’afflux dans la ville de trop d’immigrants français ou étrangers, enfin à l’affaiblissement et à l’obscurcissement des croyances dans l’esprit des masses laborieuses.

Dans les réunions hebdomadaires il y avait toujours une grande part réservée à la prière et à une lecture spirituelle. Les Confrères se réunissent souvent pour la messe et les pèlerinages à Notre-Dame de la Garde étaient fréquents. La présence aux récollections était régulière et nombreuse.

Le chanoine Guiol, par sa longue permanence à l’aumônerie, apporta une participation active à la vie spirituelle des Conférences. C’est lui qui fit instituer une retraite annuelle. C’est lui encore qui conseilla aux Confrères de s’occuper de catéchisme, de la question de la visite aux prisonniers, au patronage des libérés. On constata aussi de nombreuses vocations religieuses chez les adultes et chez les jeunes.

La spiritualité des confrères est le reflet de leur vénération pour saint Vincent de Paul. Aussi, la participation à la messe anniversaire du saint était-elle très importante.
Ozanam venait à peine de mourir. Sa vie, son influence pour le développement de la Société étaient peu connus. Plus tard il sera considéré comme un des inspirateurs des grandes encycliques sociales : Rerum novarum et Quadragesimo anno. Mais c’est en saint Vincent de Paul qu’il a puisé ses idées de Charité et de justice.

De nos jours, c’est saint Vincent de Paul que nous évoquons dans nos séances, après l’Esprit-Saint et, c’est dans nos faiblesses et nos espoirs que nous devons encore faire appel à son soutien et à sa protection.

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