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La
première Conférence de Saint-Vincent
de Paul vit le jour à Marseille en
1844, mais on ne peut parler de
cette naissance sans évoquer l’origine
de notre société, car il faut reconnaître
que rien n’a été fait à
Marseille à ce moment-là sans l’existence
d’un mouvement suscité ailleurs,
à Paris d’abord, à Lyon ensuite.
[…]
Frédéric
Ozanam, né en 1813 –
mort en 1853 à
Marseille à l’âge
de 40 ans […]
1844
– Quelques confrères d’Aix
et de Lyon se retrouvent dans notre ville, dans
l’église de la Trinité aux
exercices du mois de Marie. « Comment,
disent-ils, dans une ville portuaire et laborieuse
comme Marseille, soumise aux vicissitudes, n’existe-t-il
pas encore de Conférence comme à
Aix et à Lyon ? » Amis et relations
sont convoqués pour informations.
La
première Conférence va se créer
en l’église de la Trinité.
Louis Tonsard d’Olbec
en devient le Président. Il s’agit
d’un Suisse, originaire du Valais qui, de
Lyon puis d’Aix, était venu à
Marseille par profession et avait appartenu, dans
chacune de ces villes, à une Conférence
Saint-Vincent de Paul. Sa formation vincentienne
était faite pour qu’on le désignât
comme premier responsable.
La
constitution de la Conférence eut lieu
le 6 juin 1844. Le vocable «
Conférence Notre-Dame de la Garde »
fut adopté. Le 13 juin, on tenait une réunion
et Tonsard d’Olbec rappelait que «
le devoir intégral de charité comptait
le secours matériel et l’apostolat
». Le 20 on décidait d’aller
voir Mgr l’évêque et Messieurs
les curés de la ville. Le 25, après
l’accueil bienveillant de Mgr Mazenod, on
écrit au Conseil Général
de Paris pour solliciter l’agrégation
officielle comme le veut le règlement.
Le 19 juillet, jour de la fête de saint
Vincent de Paul, les Confrères se réunissent
pour la première fois en l’église
dédiée à leur saint patron.
Le samedi 3 août, ils se rendent à
Notre-Dame de la Garde pour « solliciter
les faveurs de Celle qui veille sur tout ce qui
se fait de bien à Marseille ».
La
Conférence se met alors en rapport avec
les sœurs de Charité qui désignent
aux Confrères plusieurs familles à
visiter. En même temps, on se préoccupe
de recruter de nombreux membres, particulièrement
parmi les jeunes gens.
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Le
8 décembre, devant 34 Confrères,
se tint la première Assemblée Générale
présidée par Mgr de Mazenod. Il
annonça « qu’avec plaisir il
avait plusieurs fois parlé de l’œuvre
à Messieurs les curés et que, même
dans la dernière réunion, il s’était
plu à dissiper les craintes sur ce que
la Société Saint-Vincent de Paul
était chrétienne et philanthropique
».
La
Conférence Notre-Dame de la Garde de Marseille
devait bénéficier, un mois plus
tard, de la haute approbation du Saint-Siège
qui fut donnée par le Bref du pape Grégoire
XVI le 10 janvier 1845.
Le
recrutement s’accéléra encore
davantage. Indépendamment des professions
libérales, le commerce marseillais y tenait
une place prépondérante.
Le 12 février 1845, devant le nombre d’adhésions
nouvelles, on décida de répartir
les membres en trois Conférences au lieu
d’une.
La première « Notre-Dame de la Garde
et du Calvaire » qui visitera les quartiers
portuaires.
La deuxième « Saint-Vincent de Paul
» pour les quartiers Est de la Canebière.
La troisième « Saint-Joseph »
orientée vers le Sud de la ville au pied
de la colline de Notre-Dame de la Garde.
Un
bureau est constitué avec Tonsard d’Olbec
pour président coordonnant les trois Conférences.
Le 2 novembre, Tonsard d’Olbec démissionne
faisant état « de la difficulté,
pour lui, de diriger les Conférences avec
les soins qu’elles réclament ».
Après l’avoir remercié pour
la part qu’il avait prise à la fondation,
les confrères acceptèrent sa démission
et élirent Dominique Pascal, transitoirement,
en attendant François-Marie de Roux, important
négociant, qui accepta le 5 janvier 1847
la charge de Président.
De
1844, date de la fondation, à 1847, l’activité
des Conférences se résume dans les
chiffres suivants :
1844 – 34 membres
1845 – 84 membres, 131 familles visitées
1846 – 159 membres, 284 familles visitées
1847 – 203 membres, 227 familles visitées
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