Histoire de la création de la Conférence à Marseille

Extraits d’un article paru dans Le trait d’union n° 54 de juin 1982
(organe de liaison des Conférences Saint-Vincent de Paul du diocèse de Marseille)
 
 

La première Conférence de Saint-Vincent de Paul vit le jour à Marseille en 1844, mais on ne peut parler de cette naissance sans évoquer l’origine de notre société, car il faut reconnaître que rien n’a été fait à Marseille à ce moment-là sans l’existence d’un mouvement suscité ailleurs, à Paris d’abord, à Lyon ensuite. […]

Frédéric Ozanam, né en 1813 – mort en 1853 à Marseille à l’âge de 40 ans […]

1844 – Quelques confrères d’Aix et de Lyon se retrouvent dans notre ville, dans l’église de la Trinité aux exercices du mois de Marie. « Comment, disent-ils, dans une ville portuaire et laborieuse comme Marseille, soumise aux vicissitudes, n’existe-t-il pas encore de Conférence comme à Aix et à Lyon ? » Amis et relations sont convoqués pour informations.

La première Conférence va se créer en l’église de la Trinité. Louis Tonsard d’Olbec en devient le Président. Il s’agit d’un Suisse, originaire du Valais qui, de Lyon puis d’Aix, était venu à Marseille par profession et avait appartenu, dans chacune de ces villes, à une Conférence Saint-Vincent de Paul. Sa formation vincentienne était faite pour qu’on le désignât comme premier responsable.

La constitution de la Conférence eut lieu le 6 juin 1844. Le vocable « Conférence Notre-Dame de la Garde » fut adopté. Le 13 juin, on tenait une réunion et Tonsard d’Olbec rappelait que « le devoir intégral de charité comptait le secours matériel et l’apostolat ». Le 20 on décidait d’aller voir Mgr l’évêque et Messieurs les curés de la ville. Le 25, après l’accueil bienveillant de Mgr Mazenod, on écrit au Conseil Général de Paris pour solliciter l’agrégation officielle comme le veut le règlement. Le 19 juillet, jour de la fête de saint Vincent de Paul, les Confrères se réunissent pour la première fois en l’église dédiée à leur saint patron. Le samedi 3 août, ils se rendent à Notre-Dame de la Garde pour « solliciter les faveurs de Celle qui veille sur tout ce qui se fait de bien à Marseille ».

La Conférence se met alors en rapport avec les sœurs de Charité qui désignent aux Confrères plusieurs familles à visiter. En même temps, on se préoccupe de recruter de nombreux membres, particulièrement parmi les jeunes gens.


 

Le 8 décembre, devant 34 Confrères, se tint la première Assemblée Générale présidée par Mgr de Mazenod. Il annonça « qu’avec plaisir il avait plusieurs fois parlé de l’œuvre à Messieurs les curés et que, même dans la dernière réunion, il s’était plu à dissiper les craintes sur ce que la Société Saint-Vincent de Paul était chrétienne et philanthropique ».

La Conférence Notre-Dame de la Garde de Marseille devait bénéficier, un mois plus tard, de la haute approbation du Saint-Siège qui fut donnée par le Bref du pape Grégoire XVI le 10 janvier 1845.

Le recrutement s’accéléra encore davantage. Indépendamment des professions libérales, le commerce marseillais y tenait une place prépondérante.
Le 12 février 1845, devant le nombre d’adhésions nouvelles, on décida de répartir les membres en trois Conférences au lieu d’une.
La première « Notre-Dame de la Garde et du Calvaire » qui visitera les quartiers portuaires.
La deuxième « Saint-Vincent de Paul » pour les quartiers Est de la Canebière.
La troisième « Saint-Joseph » orientée vers le Sud de la ville au pied de la colline de Notre-Dame de la Garde.

Un bureau est constitué avec Tonsard d’Olbec pour président coordonnant les trois Conférences.
Le 2 novembre, Tonsard d’Olbec démissionne faisant état « de la difficulté, pour lui, de diriger les Conférences avec les soins qu’elles réclament ».
Après l’avoir remercié pour la part qu’il avait prise à la fondation, les confrères acceptèrent sa démission et élirent Dominique Pascal, transitoirement, en attendant François-Marie de Roux, important négociant, qui accepta le 5 janvier 1847 la charge de Président.

De 1844, date de la fondation, à 1847, l’activité des Conférences se résume dans les chiffres suivants :
1844 – 34 membres
1845 – 84 membres, 131 familles visitées
1846 – 159 membres, 284 familles visitées
1847 – 203 membres, 227 familles visitées

 

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